Le 26 juillet 1988 nait à Bujumbura, au Burundi, un jeune homme aux talents multiples nommé Davy-Carmel Ingabire.  Dans la deuxième partie de cet entretien, il nous relate un peu de son parcours.

1. Comment organisez-vous votre travail au quotidien?

C’est vraiment dur pour moi de parler d’un programme quotidien précis. Ca varie énormément, mes journées diffèrent les unes des autres car mon travail ou mes différents boulots ne me permettent pas la routine, parfois je prépare une collection ou une commande d’habits pour un client donc je vais passer la majeure partie de mon temps entre l’atelier de couture et les distributeurs de tissus.

Parfois je travaille sur la campagne publicitaire d’une nouvelle collection, par conséquent je vais passer des heures au studio avec les photographes et les graphistes.

D’autres fois je tourne des émissions pour la télé et c’est tellement de travail avant les tournages, pendant et même après (produire, présenter, faire le montage et faire la promo sur les réseaux sociaux  — ce qui est devenu incontournable ces temps-ci).

Quand je fais un évènement, il faut aussi prévoir le temps de rencontrer l’équipe, les partenaires et autres intervenants et tous les techniciens autour.

Pour la musique, il faut évidemment préparer un moment pour les séances studio et quelques répétitions.

D’autres fois, je me retire de tous quelques jours pour me ressourcer et retrouver l’inspiration.

Bref, le quotidien est vraiment difficile à décrire. Heureusement j’ai des activités stables pendant la semaine comme la chorale, la prière en groupe, un peu de sport, la réunion hebdomadaire avec mon équipe. Maintenant j’apprends de plus en plus à déléguer certaines responsabilités a d’autres personnes et à essayer de me focaliser sur certaines choses et laisser certaines de côté pour pouvoir savourer un peu plus la vie, travailler moins et respirer un peu plus.

 2. Comment  vous définissez-vous ?

Un rêveur à la poursuite de ses rêves. Dieu nous parle clairement à travers les rêves et les passions qu’il met dans nos cœurs, ces flammes qu’il allume en nous ne sont pas à éteindre, il faut en faire des lumières qui brillent dans ce monde pour sa gloire. Devenir de positives inspirations pour notre entourage.

3. Quelles sont les principales réalisations que vous avez faites jusqu’à maintenant?

(Rires). Pas facile de répondre à cette question. A vous de me le dire. (Rires). je suis simplement reconnaissant de la chance que j’ai de vivre la vie que je vis, de faire ce que j’aime comme métier ne serait-ce que jusqu’à aujourd’hui, même si ce n’est pas tous les jours facile.

Et chaque fois que je doute et que je suis sur le point d’arrêter, je repense au petit Carmel à 12 ans qui dessinait des habits tout le temps dans ses cahiers ou se prenait pour un présentateur dans son miroir peigne à la main et je me dis man tu as de la chance de faire ce que tu aimes donc continue de te battre. Prouve que le rêve est possible même pour un jeune gars d’origine modeste dans un pays du Tiers-Monde.

 4. Styliste, journaliste, chanteur. Est-ce facile à gérer?

Oui et non. Car je trouve que le tout tourne autour de la création/créativité et de l’expression de soi et que ça vient naturellement mais aussi c’est dur car ce sont des domaines pas assez développés dans nos pays donc c’est un combat constant pour pousser les barrières et ouvrir certaines portes.

Si ça reste juste un hobby et qu’on en vit pas ça perd son sens à un moment donc il faut dépasser le côté artistique ou créatif et voir plus commercial. Pour le reste c’est une question d’organisation, de discipline, de bien s’entourer et de laisser la main de Dieu te guider dans l’imprévu.

5.  Quelles sont les difficultés que vous avez déjà  rencontrées ?

Il y en a tellement ! Car j’œuvre dans des domaines naissant ici chez nous. Comme je le disais plus tôt faire de l’art un business stable est une priorité car il ne faut pas que les générations qui viendront doivent passer par là où nous sommes passés il faut qu’elles trouvent quelques structures déjà en place et que leurs combats (il y en aura sûrement encore pour quelques années) soient portés sur des points différents qui feront encore plus avancer nos sociétés. Nous sommes dans une époque de mondialisation donc il faut que nos produits (si on parle de mode par exemple) soient plus présents sur la scène internationale et pour cela il faut relever nos standards en termes de qualité et d’originalité.

6.  Selon vous, quel est la clé du succès ?

Je ne crois pas qu’il y ait de clé universelle du succès. C’est à chacun de trouver la sienne. Je pense juste que le travail acharné, la discipline, les études, la recherche, la confiance en ce qu’on a en soi et la prière sont de bons canaux vers le succès.

 7. Vous êtes journaliste depuis  plus de dix ans de carrière. Qu’avez-vous gagné en expérience ?

Tellement de choses. Une certaine compréhension des gens car tu en rencontres beaucoup dans ce métier, le fait aussi d’accepter la différence chez les autres sans porter de jugement car l’impartialité est la clé dans ce domaine et une certaine responsabilité envers l’audience et l’impact que tu veux faire dans la vie des gens qui te suivent.

Ça ouvre aussi plein de portes et ça permet plein d’aventures mémorables crois-moi. Là, j’ai mis de côté l’expérience professionnelle car bien évidemment les techniques s’améliorent au cours des années. Toutefois, ce que j’ai gagné qui a le plus de valeur c’est clairement des amis extraordinaires, j’ai commencé très jeune donc la plupart des amis sont de longue date et  je les ai rencontrés grâce a mon travail.

8. Quels sont vos projets d’avenir ?

La collection Armure

Maintenant, je me concentre beaucoup sur ma ligne de vêtements DavyK. Nous venons de lancer une nouvelle collection et l’accueil est super ! On vient aussi de débuter la deuxième saison de l’émission Le Miroir sur RTV. Ce seront mes principales occupations pour les mois qui viennent.

 

9. Un dernier mot à nos lecteurs ?

Qui que tu sois, où que tu sois, peu importe ce qui se passe ou s’est passé dans ta vie ou ce qu’on t’a dit ou te dit maintenant. Sache que tu es important(e). Tu as un rôle à jouer dans ton entourage. Lève-toi, ne laisse rien ni personne te rabaisser, continue d’avancer quoi qu’il arrive, sois une lumière dans le monde.

Mon message pour mes amis qui ont répondu à tes questions.

Je suis tellement ému de voir ce qu’ils ont écrit. Ce sont des personnes qui comptent  beaucoup pour moi et pour qui j’ai un respect énorme chacun à contribuer et contribue toujours à faire de moi qui je suis et entendre ça de leur part me touche. Merci beaucoup les amis. Je vais sûrement relire plusieurs fois l’article jusqu’à le mémoriser. (Rires)

Et merci beaucoup Elsa pour cet entretien et le travail fabuleux que tu fais.

ELSA MEMA

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